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Covid - lame de fond et réponse thermale

 

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Covid : lame de fond et réponse thermale

 

Santé physique vs santé mentale

 

Voilà plus d’un an que l’épisode Covid a débuté, qu’il a transformé nos existences et mis au ralenti toute notre économie.
Il est intéressant de voir combien le président de la république, qui ne manque pas de sens psychologique, a perçu l’importance d’éviter le mot confinement (qui se rapproche du mot enfermement, mal perçu en psychiatrie).

Il est intéressant de voir comment notre ministre de la santé, Olivier Véran, défend les mesures prises récemment en jonglant avec les mots : ce n’est pas un confinement mais ce sont plutôt des mesures de restriction. Surtout, monsieur Véran oppose clairement deux dimensions médicales : l’une qui vise à protéger la santé physique (confiner) et l’autre qui vise à ne pas aggraver la santé psychique de la population (déconfiner) ;

Car nous le disons depuis le premier confinement et nous le savons depuis l’automne, le mental des français s’effondre de mois en mois : tout le monde souffre de cette perte des contacts sociaux, de ces activités professionnelles à l’arrêt, de ces restaurants fermés, de ce chômage partiel ou total, de ces facultés fermées aux étudiants qui leur interdisent tout projet de construction personnel et social.

Mais si tout le monde vit mal cette situation prolongée, de plus en plus nombreux sont ceux qui en souffrent de manière pathologique.

Aux thermes de Saujon, cette situation nous préoccupe fortement. Les signes de détresse psychique de nos patients (hospitaliers ou curistes) sont évidents. Les comportements se modifient avec une tendance à l’agressivité, à l’intolérance aux décisions prises, à la difficulté à supporter ces huis-clos au domicile, à imaginer une issue à ce labyrinthique virus.

A la station thermale de Saujon, nous avons maintenu, malgré la fermeture, la présence d’un accueil quotidien. Il n’est de jour sans que nos curistes nous appellent pour nous demander quand aura lieu l’ouverture de notre station thermale. Ils expriment leur impatience, leur sentiment de ne plus pouvoir tenir. Et comprenons bien qu’il n’est pas question dans leur propos de simple remise en forme mais d’un soin dont ils connaissent l’efficacité face à leur trouble fortement réactivé.

 

Stress post-traumatique et dépression

 

Une récente étude américaine évoque un triplement, depuis l’été dernier, de la prévalence de nouvelles personnes présentant un trouble mental, aux USA. C’est-à-dire qu’il y aurait trois fois plus de personnes qui consultent alors qu’ils n’avaient jamais consulté auparavant en psychiatrie.

Cette étude révèle également que cette augmentation se traduit par l’apparition de nouveaux états dépressifs souvent complication d’un état anxieux qui ne se résout pas et qui, en se chronicisant, finit par s’aggraver.

On note encore que les sujets les plus à risque, parmi la population sont les femmes, les jeunes, les chômeurs, les précaires et les commerçants.

Une autre enquête révèle que 33 % des 20 000 personnes interrogées se plaignent de détresse psychologique et que 12 % présentent des formes de détresse sévère.

La fondation Jean-Jaurès, suite à une enquête auprès d’un échantillon de 2 000 personnes interrogées, révèle une hausse régulière des idées suicidaires depuis le premier confinement et décrit une augmentation du nombre de personnes avec des idées suicidaires.

La dépression est donc une conséquence assez fréquente et grave de ces confinements prolongés et répétés, comme le révèle d’ailleurs une étude publiée par le Lancet à partir d’une méta-analyse de 1366 articles qui portait sur l’impact psychologique de situations de quarantaine dans 10 pays différents. Cette revue de la littérature médicale montre par ailleurs que le risque d’apparition d’un syndrome de stress post-traumatique, autre risque majeur de complication secondaire aux situations de confinement est d’une durée de trois ans après l’évènement.

Le Covid est particulièrement traumatisant en ce qu’il créé plusieurs dangers : celui de la maladie qui peut conduire à la mort ; celui de l’isolement social qui favorise les phobies ; celui de la perte d’emploi qui amène à des états dépressifs ; celui de l’hypermédiatisation qui finit par obséder et décourager, même les plus sereins.

Le stress post-traumatique prend une forme différente selon qu’il est aigu ou prolongé. Dans la situation Covid, ce stress étant de longue durée, il agit comme une lame de fond. Les organismes psychiques s’épuisent peu à peu.

Tous ces éléments nous font craindre une évolution durable d’apparition de ces états de stress pathologique. Certains pourront dire que ces états ne présentent pas, pour la plupart, un caractère humainement insurmontable pour ceux qui en sont atteints, mais cet argument ne tient pas. Tout état de souffrance est insupportable et doit être autant que possible combattu et traité.

Les messages de nos patients habituels qui sont connectés à nos réseaux sociaux, un peu comme une bouée de sauvetage, sont particulièrement choqués que leur santé mentale ne soit pas suffisamment prise en compte aujourd’hui. Ils sont de plus en plus nombreux à être profondément choqués que la cure thermale, lieu de soin par essence, leur soit interdite comme si leur épuisement mental n’avait pas le droit d’être soigné.

Nombreux ont recours aux substances psychotropes dont on connaît les effets secondaires et le risque élevé de dépendance, voire d’accoutumance.

Récemment j’ai reçu une lettre poignante d’une femme ayant perdu sa mère d’un suicide. Elle souhaitait passer un séjour aux thermes de Saujon, ce qu’elle attendait avec beaucoup d’espoir. Suite à la fermeture du centre, sa maman n’a pu venir en cure et a fini par se suicider. La fille m’a, humainement écrit pour me faire part de sa peine, mais aussi parce qu’elle avait la conviction que cette annulation avait à voir avec la décision radicale de sa mère. Combien d’autres personnes, ont été et seront amenés à connaître une même situation, autant que dureront ces contraintes à vivre et à soigner ?

Alors, comment faire face à ces vagues d’états anxieux, d’états de fatigue chronique, de situations d’insomnie ? Comment faire face à cette tendance constatée d’augmentation régulière de la consommation de psychotropes ?

 

Comment faire face à la vague ?

 

Il existe bien évidemment de nombreuses solutions à la disposition du corps médical pour y remédier.

En premier lieu, il faut compter sur les nombreux psychiatres (6 000 environ) et psychologues exerçant de manière libérale en France, même s’il faut l’avouer, elle est bien inégale sur le plan géographique, au détriment des régions les plus retirées. Cela représente en tout cas, un premier niveau de réponse à ce problème de santé. Pour les patients présentant une complication dépressive sévère, une prise en charge en milieu hospitalier privé ou public, s’imposera.

Cependant, les troubles anxieux, lorsqu’ils se prolongent et résistent aux prises en charge ambulatoires, ne peuvent être systématiquement orientés vers une institution hospitalière. Il faut trouver alors un milieu médical intermédiaire.

C’est ici que la cure thermale psy qui a démontré dans plusieurs travaux scientifiques son efficacité pour traiter les états anxieux et réduire la consommation des anxiolytiques, peut s’avérer parfaitement adaptée à nombre de ces personnes.

 

La cure thermale psy va leur apporter plusieurs avantages :

  1. accéder à un niveau de repos que seule la balnéothérapie permet d’atteindre de manière naturelle,
  2. bénéficier d’un cadre médical constitué de médecins, psychothérapeutes, groupes de patients,
  3. profiter d’un temps suffisamment long (3 semaines), qui est satisfaisant pour obtenir un changement clinique durable.

 

Peu savent qu’en santé mentale, et notamment pour les états d’anxiété, cette solution thérapeutique est recommandée et prise en charge par l’assurance maladie.

Les patients que nous accueillons ont cette difficulté à gérer leurs émotions, et une tendance à se laisser envahir par les soucis que leur procurent l’existence.

Et l’on ne peut nier qu’actuellement, cette dernière ne se prive pas de les accabler ! Prendre de la distance, ne pas se projeter de manière pessimiste, être capable de stopper ses pensées qui fonctionnent de façon automatique, en boucle au point de leur interdire parfois l’accès au sommeil, est plus qu’un soin, c’est une nécessité vitale. S’ils ne peuvent y accéder, ils le savent par expérience, c’est tôt ou tard l’effondrement qui les guette.

 

La cure thermale psy leur est parfaitement adaptée en ce qu’elle leur permet d’accéder naturellement à cet objectif.

 

Ainsi, les cures thermales psy permettent de viser trois objectifs principaux dans ces situations cliniques :

  • diminuer significativement le niveau de stress et d’anxiété,
  • permettre la réduction de la consommation de psychotropes,
  • réduire considérablement le risque de décompensation dépressive.

 

Il est temps d’apporter des soins efficaces à tous les anxieux qui demandent de l’aide depuis des mois. Il y a quelque chose de quasiment indécent à leur refuser ces soins qu’ils réclament depuis plusieurs mois. Ils sont si nombreux et se sentent tellement abandonnés.

La cure thermale psy est à l’évidence, et pour beaucoup d’entre eux, la réponse médicale la mieux adaptée à leur état.

 

Dr. Olivier Dubois, avril 2021